La décision de la BNS de fixer un taux plancher de l’euro à 1,20 franc

Texte tiré de l’interview de Marc Chesney, pour le journal « Le Temps », 07.09.2011

Combien de temps va durer cette mesure?
“Je souhaite que l’action de la BNS fonctionne, mais je suis très dubitatif pour le moyen – long terme si la crise de l’euro se poursuit. Sur le marché des changes interviennent des institutions (hedge funds, banques d’affaires, etc.) qui n’avaient pas une telle puissance il y a 20 ou 30 ans. Elles vont tester la BNS et sa capacité à acheter des devises en “quantité illimitée”. Cette politique risque de ne pas être tenable à long terme de par son coût excessif.
Une intervention conjointe avec la BCE aurait eu un peu plus de poids sur un marché des devises où s’échangent en moyenne journalière environ 4000 milliards de dollars.

Il serait plus réaliste pour la BNS de reconnaître qu’elle n’a plus vraiment la capacité de s’imposer face aux marchés. Il faudrait agir différemment en taxant les transactions financières de manière à réduire la spéculation et ainsi limiter la puissance des hegde funds et banques d’affaires. Il faudrait aussi alléger la charge des entreprises qui souffrent du franc fort.

Pourquoi un cours de 1,20 franc?
“Un taux entre 1,40 et 1,50 franc serait souhaitable, mais il est impossible à défendre actuellement. Le marché tend vers la parité. La BNS a donc arbitrairement choisi un taux intermédiaire, qui semble réaliste pour soulager l’économie et être tenu sur le marché des changes.”

Et pour le bilan de la BNS?
“Cela va lui coûter très cher de tenir le taux plancher.”
“Le risque de pertes est grand. Il s’agit tout de même d’argent public. Sans oublier que la BNS investit dans une devise dont on n’est pas certaine qu’elle existe à moyen terme.”

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