Impôt sur les transactions financières

Onze pays de l’union européenne ont récemment déclaré leur intention  d’introduire une taxe sur les transactions financières (TTF). Le taux serait limité puisqu’il s’agirait de 0,1% en ce qui concerne les actions et les obligations et de 0.01 % pour les produits dérivés. A titre de comparaison, il convient de rappeler qu’en Europe une TVA est perçue chaque fois que le commun des mortels achète du pain, prend un repas dans un restaurant ou séjourne à l’hôtel, et que son taux est bien plus élevé, puisqu’en Suisse par exemple, il atteint 8%. Du point de vue des grandes banques et des fonds spéculatifs, l’instauration d’une telle taxe, aussi limitée soit-elle, serait cependant un casus belli. Leur lobby est déjà à l’œuvre pour tenter de vider de son contenu ce projet de TTF.

Et pourtant, il serait grand temps que les principaux intervenants sur les marchés financiers contribuent, ne serait-ce que très partiellement, au financement des coûts d’une crise financière dont ils sont les principaux responsables. Le contribuable ne saurait les assumer indéfiniment.

Par ailleurs, en mettant un peu de sable dans les rouages des marchés financiers, une telle taxe devrait permettre de faire baisser la fièvre dont ils sont atteint et donc de les rendre plus stables. De par ses activités, la sphère financière alimente cette fièvre, puisque cette dernière signifie plus de volatilité et donc plus de vente de produits structurés complexes, jouant soi-disant un rôle de couverture. La valeur nominale de tous les produits dérivés, de l’ordre de 12 fois le PIB mondial, est déjà démesurée. Cette logique de pompier-pyromane, accroît les gains de la sphère financière mais est contraire aux intérêts de l’économie réelle, qui elle requiert plus de stabilité et donc une diminution de cette fièvre.

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